LA CULTURE DE L’IGNAME EN NOUVELLE-CALEDONIE

Famille des Amylacées

 

Cette fiche a été réalisée dans le cadre de l’exploitation d’un stage qui s’est déroulé

au Lycée Agricole de Nouvelle Calédonie à Pouembout.

L’igname est une liane à tubercule de la famille des Amylacées. Il en existe 130 espèces toutes originaires d’Afrique.

Seules 7 espèces sur ces 130 sont comestibles, les autres, toxiques, sont plutôt utilisées en pharmacologie.

Le tubercule, suivant les espèces, peut être unique ou comporter plusieurs tubercules associés. On rencontre aussi des ignames à bulbilles.

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L’igname est principalement cultivée sous climat tropical mais il existe des exploitations en pays tempérés. En France (Loire) ce type de culture se développe pour répondre à une demande des populations africaine et antillaise installées sur son territoire.

En Nouvelle-Calédonie la culture de l’igname à une grande importance, d’une part parce qu’elle est présente dans l’alimentation de la population mais aussi parce qu’elle est essentielle dans les rites coutumiers (mariage, naissance, inauguration…).

Ceci implique une double demande sur le territoire et surtout sur Nouméa :

    • des ignames de petite taille pour la consommation : l’igname restant très cher, les consommateurs préfèrent acheter de petits tubercules ;
    • des ignames de grande taille uniquement pour la coutume ;

L’igname Dioscorea allata est la plus commune sur le territoire. Ce sont ses variétés qui sont cultivées et notamment, au Lycée agricole de Nouvelle Calédonie, les variétés Nouméa Rouge et Tiawata.

Le cycle biologique de l’igname cultivée :

De juin à juillet c’est la récolte de l’igname, une partie sera vendue l’autre servira de semences pour la prochaine culture. Les ignames peuvent être tronçonnées en semenceaux (100 à 200g), la taille de la future igname étant proportionnelle à la taille de la semence (ou du semenceau).

Ces semences sont ensuite stockées dans un entrepôt obscur, réfrigéré (13-17°C) et ventilé (période de quiescence ou de dormance).

D’août à septembre c’est la mise en culture des semences et semenceaux (écorce contre terre) des variétés tardives.

Octobre à novembre correspondent à la mise en culture des variétés précoces.

Développement jusqu’en juin du tubercule qui sera suivi d’une nouvelle récolte.

 

 

Les exigences de l’igname sont multiples.

Le sol doit être peu argileux (20 à 30% d’argile au maximum) et associé à des particules sableuses qui sont nécessaires au développement du tubercule en profondeur (afin d’éviter sa déformation).

Le travail du sol va le rendre plus fin et permettre une bonne intégration de la matière organique :

    • décompactage en profondeur à 50 cm ;
    • labour (35 cm) qui enfouit la matière organique ;
    • reprise du labour pour affiner les mottes de terre ;
    • préparation de billons (monticules de terre en demi-cylindre) ; ceci grâce à des une machine munie de disques qui permettent de remonter la terre et d’augmenter la profondeur, facilitant ainsi la croissance du tubercule.

La plantation des semences se fait manuellement à une profondeur de 10 à 15 cm, chacune espacée de 30 à 35 cm.

On effectue l’arrosage (par des tourniquets à gouttes) 30 minutes après la plantation, pour tasser les billons.

L’apport d’eau au cours de la culture est de 900 mm. L’apport d’eau est nécessaire au cours de la germination et de la tubérisation. Par contre, en fin de tubérisation, un excès d’eau peut entraîner un ralentissement du développement (visible par un étranglement du tubercule) voire, la mort de la plante.

La culture est sensible au vent, il y a alors pose d’un tuteurage jusqu’à 1m20 de haut (n’oublions pas que l’igname est une liane).

L’igname demande à être cultivée au soleil (espèce héliophile), en dessous de 13°C des problèmes de croissance peuvent apparaître.

La culture à besoin d’éléments minéraux (N, P, K) qui lui sont apportés par des fertilisants.

Enfin, la réalisation d’un paillage (foin ou plastiques spéciaux) permet de garder l’humidité, de limiter le développement des mauvaises herbes et d’empêcher que les feuilles ne soient brûlées au contact du sol.

 

L’igname en culture n’est pas à l’abri des parasites de toutes sortes mais des moyens de lutte existent.

L’anthracnose est une maladie qui entraîne des taches de nécroses sur les feuilles, la

Nouméa Rouge y est moins sensible que la Tiawata (utilisation de fongicides).

L’igname peut aussi contracter des viroses (relativement rare). Les cultures sont alors brûlées.

Des insectes tels les chenilles ou les pucerons vont attaquer l’appareil foliaire (utilisation d’insecticides).

Des vers (nématodes) peuvent entraîner des gales sur les tubercules.

Enfin les mauvaises herbes comme l’herbe à oignon (capable de traverser le tubercule) et les sensitives, peuvent être néfastes (utilisation d’herbicide).

Les étudiants de l’I.U.F.M. : Sophie Brial, Mireille Mousseux, Christophe Pontheaux, Rowyna Letocart, Monika Vernay.

En collaboration avec Sophie Cherrier-Tonnelier.

 


Pour en savoir plus :

SAVEURS DU MONDE http://saveurs.sympatico.ca/ency_3/igname/ignampre.htm

CPS Fiche N° 14 - 1990 - L'igname  http://www.fao.org/WAIRdocs/x5425f/x5425f0e.htm